Thomas Coville, Ambassadeur de la Fondation, au départ de « The Bridge »

Ce dimanche, le marin Thomas Coville, recordman du tour du monde en solitaire, prend le départ de la course « The Bridge », ralliant St-Nazaire (Bretagne) à New-York. Engagé dans la préservation des océans, ce voileux hors-pair est aussi un Ambassadeur de l’Odyssée Race for Water. Rencontre.

Race for Water : Pourquoi avoir choisi d’être un Ambassadeur de la Fondation ?

Thomas Coville : Mon rôle d’Ambassadeur est aujourd’hui de montrer que je fais partie des gens qui croient à ce projet d’envergure mondiale et ce même si certains pensent que le changement est impossible. Lorsque des personnes ont un projet si ambitieux que celui de Race for Water que ce soit en sensibilisant par l’action ou dans le concret en portant des techniques de pointe, ce n’est pas toujours facile. J’ai vraiment envie de donner mon énergie pour la Fondation. Que mon énergie et ma foi aident ce projet techniquement fabuleux et qui porte des idées, des espoirs et des ambitions, afin de changer le monde. Cela ira jusqu’à changer notre vision de l’énergie, mais aussi notre rapport aux autres et éventuellement jusqu’aux conflits mondiaux.

R4W : Que représente la mer pour vous ?

TC : Finalement c’est bien plus que « juste » la mer ou le terrain de jeu qui est le miens. La mer, sans frontière, permet d’avoir un impact sur des personnes de tous horizons, un rayonnement au-delà de ceux qui aiment la voile. Le projet Race for Water est un projet de dingue qui ne peut être porté que par des personnalités qui aiment relever des défis impossibles et c’est grâce à cela qu’ils feront changer le monde. Race for Water et son Odyssée de l’Espoir porte ce signal.

R4W : Une envie pour le futur des océans ?

TC : Je n’ai plus envie de porter le côté anxiogène ou pessimiste avec lequel on regarde l’écologie en général. Et qui fait qu’aujourd’hui, soit le grand public soit les médias, soit les partenaires, ont du mal à y adhérer. Je suis dans l’étape d’après où notre problématique de cet océan qui se dégrade nous donne l’opportunité de changer les choses. Car nous  n’avons pas le choix. C’est une opportunité à saisir maintenant.

Thomas Coville aux côtés de Marco Simeoni, Jean-Marc Normant et Frank David :  » J’aime ce triptyque humain que sont Marco, Frank et Jean-Marc. Ce sont des personnalités qui m’inspirent et me galvanisent », explique Tomas Coville.

Des scolaires à bord – Annabelle fait la visite

 

Ces deux dernières semaines, le rythme de vie du navire a été guidé par des visites d’enfants des écoles locales. Âgés de 8 à 18 ans, ils parcourent l’exposition installée à bord, marchent sur le pont solaire et côtoient les membres de l’équipage. Un exercice de sensibilisation à la préservation des océans grandeur nature que les marins de l’Odyssée ont le plus grand plaisir à accomplir.

 

« C’est grand ! Comme un super vaisseau spatial ! » À la file indienne sur le ponton, les enfants admirent le navire en attendant le moment d’embarquer. « Bienvenue à bord ! » lance Annabelle, second capitaine du navire qui s’est reconvertie en guide de la visite. Sur la passerelle d’accès, pas question de se bousculer. Un pas après l’autre, il ne faut pas tomber. En évoluant dans ce nouvel environnement, l’attention des jeunes visiteurs est décuplée, captivée. Sur le pont, des mains s’agitent pour saluer les nouveaux arrivant : Anne s’y trouve avec une autre classe, les visites s’enchainent.

« Ici nous sommes dans le carré du navire qui est notre principal lieu de vie », explique la guide. En balayant l’espace du regard, les enfants découvrent des murs jonchés de panneaux en bois sur lesquels sont expliqués le fonctionnement du navire et les visions de la Fondation sur la pollution plastique. Souriante, Annabelle amorce son discours sous les yeux ébahis des enfants. « Dans ce petit pot, vous pouvez voir tous les micro-plastiques qui ont été récoltés dans un carré de sable de seulement 25cm de côté », avant de le faire passer aux enfants. Dans un autre récipient, les enfants découvrent des morceaux de macro-plastiques. La guide leur montre alors les marques de dents dans les morceaux de plastiques, trace que des animaux en ont ingurgité. « Toutes les tortues marines en ont dans l’estomac… Nous souhaitons que les enfants repartent avec la conscience que la pollution plastique est un fléau pour la vie des océans ».

La solution à cette pollution est d’agir à terre, avant que les plastiques ne les atteignent. En expliquant qu’il y a différents types de plastique, qu’ils ne sont pas biodégradables et qu’ils polluent les océans sur le très long-terme, les jeunes sont sensibilisés à la préservation de l’océan qui les entoure. « Mais surtout, nous leur parlons des solutions et leur expliquons les gestes qu’ils peuvent faire chaque jour à terre pour empêcher cette pollution. »

 

D E S   E X P L I C A T I O N S   À   L ’ A C T I O N

Une fois la visite de l’exposition terminée, les enfants explorent le navire. « A bâbord, c’est ma cabine, à tribord la cambuse, là le local matériel des scientifiques », dit Annabelle. Les questions des enfants fusent : « Mais comment vous faites pour la nourriture ? Et avec vos familles, vous ne les voyez plus ? »  Après avoir traversé le cockpit nappé d’instruments de navigation, le groupe découvre le pont fait de panneaux solaires. « On peut même marcher dessus ! », s’amuse un enfant. De la théorie, ils découvrent la réalité : sans soleil, les panneaux ne produisent pas d’électricité et le Race for Water ne peut pas avancer. « C’est pour cela qu’une nouvelle source d’énergie a été ajoutée à bord, le kite qui utilise le vent ! », dit Annabelle. Les questions deviennent plus techniques, la compréhension est accélérée par l’expérience vécue des enfants. « Mais alors pourquoi vous n’utilisez pas deux kite ? Comment fait-on pour faire partie de l’équipage, vous prenez des stagiaires ? ». Martin, ingénieur du navire se joint à la visite pour répondre aux questions. « Je leur explique que, même nous, nous apprenons la gestion du mix énergétique ! », dit Martin. L’important est que les jeunes comprennent qu’il est aujourd’hui possible de vivre à bord d’un navire et de se déplacer en utilisant uniquement des énergies renouvelables.

 

VIDEO : ces jeunes qui veulent un futur propre 

 

Les océans se meurent du réchauffement climatique. La solution ? La transition énergétique. Avec cette Odyssée de l’espoir le navire Race for Water démontre qu’elle est possible, mais qu’en disent les jeunes ? 

Il faut préserver nos océans car ils sont les régulateurs silencieux du climat, parce qu’ils recouvrent 70% de notre planète et qu’ils en abritent 95% de la vie. Des arguments existent en bataille et il faut agir maintenant, pas uniquement pour nos océans mais pour l’avenir.

Dans cette mission, la Fondation insiste sur le rôle primordial des jeunes, étant les décideurs du monde de demain. Comprendre ce qu’est le réchauffement climatique, mais surtout croire en une solution : la transition énergétique. Nous sommes allés interroger trois étudiants de l’institut du Rosey, une école internationale à la réputation centenaire. A 18 ans, comment imagine t-on le monde de demain et la préservation des océans ?

 

Avec le navire Race for Water, la fondation démontre qu’un monde libéré des énergies fossiles est possible. En faisant le tour du globe grâce aux énergies renouvelables, couplées de manière cohérente et adossées à différents systèmes de stockage de l’électricité. Du chinois ? Une fois à bord, tout devient limpide. Durant cette Odyssée de l’Espoir des jeunes du monde entier auront l’opportunité de venir sur le navire afin d’appréhender cette mixité énergétique, de la tester en navigation et d’ainsi la comprendre.

 

Mobilisation générale pour les océans !

 

Le séjour aux Bermudes se continuant, multiples actions sont engagées par la Fondation afin de préserver les océans ! Entre rencontres, Beach Clean-up et sorties en mer : un équipage à fond et des équipes à terre plus motivées que jamais !

Hier, avait lieu la première journée mondiale pour la préservation des océans : The World Oceans Day. Cette célébration faisant écho à la Conférence Mondiale sur les Océans organisée par les Nations Unies à New-York du 5 – 9 juin. Afin de faire honneur à cette magnifique initiative, toute la Fondation – en Suisse, en France et aux Bermudes – s’est mobilisée !

Toute la Fondation réunie en l’honneur du World Oceans Day

Un grand merci à tous d’avoir été présents et de vous être mobilisés afin d’accompagner Race for Water dans sa mission de préservation des océans ! A bord du navire :

  • Un représentant du Ministère de l’environnement : Drew Petit, Acting director of Parks
  • La consule de France Nicole Hariza
  • Deux membres du consulat US : Linda L. Rosalik and Camille Haley
  • Des ONGs locales: Anne Hyde de Keep Bermuda Beautiful, Ken Vickers de Ocean Support Foundation, Alicia Wanklynde de Greenrock et Alan Burland de Sloop Foundation tous fortement engagés pour la sensibilisation et l’action à la préservation des océans.

Le navire : un lieu d’échange, de partage et de sensibilisation

D E   L ‘ A C T I O N 

En plus d’être une plateforme d’accueil afin de créer un dialogue, cette Odyssée de l’Espoir passe aussi à l’action ! Le 6 juin dernier, les équipes ont organisé un Beach Clean-up (nettoyage d’une plage) à Church Bay, une des plus belles plages de l’île. « Nous avons ramassé une quantité incroyable de plastiques en moins d’une heure. La grande majorité provenait clairement du large, des organismes marins étaient même présents sur certains des morceaux. Le pire étant la densité de microparticules qui se trouve mélangées au magnifique sable rose si typique des Bermudes. Sachant que les plages sont régulièrement nettoyées par les locaux c’est un témoignage terrifiant de la quantité de plastique qui se trouve aujourd’hui dans l’océan. », raconte Camille Rollin, spécialiste du projet Plastic Waste-To-Energy à la Fondation.

Un beach cleaning à l’occasion du World Environment Day

Workshop à bord : politiques, industriels et ONG enfin réunis

 

Le 1er juin, le navire Race for Water a hébergé son premier workshop sur la thématique de la gestion des déchets plastiques. Entre explications de la vision de la Fondation et solutions, le navire a été lieu de rencontre entre ONG, industriels et politiques locales.

« Cette réunion à bord du Race for Water a été une magnifique réussite, réunissant Sylvan Richards, le Ministre de l’environnement aux Bermudes, des industriels, des ingénieurs et des ONG locales. Ce résultat nous encourage vivement à en organiser d’autres ! », s’exprime Marco Simeoni, Président de la Fondation Race for Water. Une des missions de la Fondation est d’ouvrir le dialogue entre différents acteurs au sujet de la pollution plastique afin d’inciter un mouvement, d’engager des actions conjointes et de trouver des solutions.

Marco Simeoni, Président de la Fondation ouvre cette matinée de workshop avec Serge Pittet, Directeur général.

 

UN TON D’URGENCE

A peine la réunion entamée que Sylvan Richards, Ministre de l’environnement des Bermudes, pose les jalons de l’urgence d’agir.  « Le plastique est partout. Sur une île comme la nôtre, fière de sa beauté naturelle et de son histoire, le plastique est devenu une menace réelle : pour les écosystèmes marins, en termes d’économie mais aussi en contaminant la chaîne alimentaire et donc la santé humaine », déclare le Ministre. Et d’ajouter : « Oui la pollution plastique a été reconnue comme une menace mondiale, mais je suis convaincu que la solution doit être locale. »

« Nous espérons pouvoir continuer une relation durable avec la Fondation Race for Water. Et de notre côté, nous continuons d’élaborer des politiques efficaces pour lutter contre les plastiques qui remplissent nos océans », s’exprime Sylvan Richards.

 

ONG, industriels et ingénieurs témoignent alors des multiples actions en cours. Anne Hyde, Présidente de l’ONG Keep Bermuda Beautiful, explique : « Nous avons créé un groupe de travail sur les débris maritimes avec diverses organisations de l’île. Notre but est de sensibiliser l’opinion publique à l’impact des débris marins sur les océans, d’évaluer la quantité de débris marins échoués sur le littoral et de développer des initiatives pour réduire nos émissions de déchets ». S’ajoute à la discussion la vision de Geoff Smith, ingénieur en environnement au Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles des Bermudes, qui témoigne du rôle majeur des politiques environnementales locales et des réglementations. Nasir Wade, ingénieur de projet de Tynes Bay Waste to Energy Facility, il présente un aperçu historique de la gestion des déchets aux Bermudes et les choix stratégiques faits pour fournir des solutions à ce problème croissant.

De haut en bas : Anne Hyde, Geoff Smith et Nasir Wade s’expriment lors du workshop

 

UN BESOIN DE SOLUTIONS

La vision de la Fondation est d’empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans en incitant leur ramassage. « Nous travaillons actuellement sur une technologie appelée Biogreen® avec notre partenaire ETIA. Elle nous permettra de transformer les déchets plastiques en ressources énergétiques ce qui aura un impact économique, environnemental et social », explique Marco Simeoni. S’en suivent multiples interrogations écologiques, sociales et environnementales auxquelles les membres de la Fondation ainsi qu’Olivier Lepez, Directeur d’ETIA, se font une joie de répondre. « Aujourd’hui la technologie que nous présentons montre que des solutions existent et qu’elles permettent de commencer relativement rapidement à traiter le problème et fait encore plus de sens dans des territoires isolés tels que les îles », ajoute Camille Rollin, spécialiste du projet Plastic Wast-To-Energy à la Fondation Race for Water. « Mais ce sont aussi des actions conjointes et simultanées d’éducation à la gestion des déchets, au recyclage et au ramassage que nous aiderons à résoudre cette problématique des déchets plastiques ». Du 8 au 13 juin, le navire accueillera des scolaires et autres visiteurs afin de sensibiliser tous les publics.

 

 

10 jours aux Bermudes en mots et en images

Déjà 10 jours que l’équipage du navire Race for Water a mis pied à terre après plus d’un mois de mer. Entre visites du navire, interviews, et suivi des courses de la Coupe de l’America, quelles sont les impressions ?

Luce Molinier et Franck David, aux Bermudes pour accueillir le Race for Water, ont organisé un large programme pour l’équipage ! « Les marins étaient très heureux d’arriver à terre et également très fatigués. A bord, ils avaient un rythme et cette première traversée les a énormément soudés », relate Luce.

Le navire Race for Water dans les eaux turquoise des Bermudes

 

A peine arrivés que Michael Dunkley, Premier Ministre des Bermudes est venu à bord féliciter Marco Simeoni et son équipage. « Ensuite nous avons revu Anne Hyde, présidente de la fondation Keep Bermuda Beautiful, que nous avions rencontrée lors de notre première Odyssée en 2015, explique Marco Simeoni, Président de la Fondation. C’est très impressionnant de voir l’engouement que suscite le navire Race for Water ! »

 

Une plateforme exceptionnelle pour suivre la Coupe de l’America

 

Au cœur du plan d’eau de la Coupe de l’America, le navire accueille les équipes et invités de Groupama Team France pour suivre les courses tout en sensibilisant les convives à la problématique de la pollution plastique et à celle de la préservation des océans. « Plus nous recevons de personnes à bord, plus notre message d’espoir pour sauver les océans et celui que porte notre navire propulsé aux énergies propres a d’impact. » se réjouit Marco Simeoni.

Mais les journées ne s’arrêtent pas à des navigations, des visites et des rencontres. En fin d’après-midi place à l’entretien du navire, la remise en configuration des meubles, les nettoyages. « Notre deuxième journée commence en soirée, plaisante Annabelle. Mais nous nous régalons d’assister en première loge aux matchs de la Coupe »

 

Race for Water et Groupama Team France ensemble pour la Coupe de l’America

 

A 13h45, heure des Bermudes, le navire Race for Water accostera à la Marina de Caroline Bay, une arrivée couplée à leur inauguration. Le navire Ambassadeur y rejoint son partenaire environnement Groupama Team France, participant de la très célèbre Coupe de l’America. Entre compétition, réunions et sensibilisation, l’escale sera chargée en émotions. Rencontre l’équipe Française qui soutient l’Odyssée de l’Espoir.

Le voilier Groupama et un tweet de soutien

Crédit photo : Groupama Team France, Eloi Stichelbaut

A l’occasion de la 35ème Coupe de l’America, l’équipe française menée par Franck Cammas s’allie à Race for Water. Entre préservation des océans, performances sportives et hautes technologies, la Fondation est très fière de se trouver aux côtés de Groupama Team France.

 

DE LA PASSION DE L’OCÉAN AUX DÉFIS TECHNOLOGIQUES

En 2013, Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson créent Team France. Ensemble, ils ont décidé de développer l’excellence française dans ce qui se fait de mieux en matière de course et de technologie : la Coupe de l’America. La Fondation Race for Water et Groupama Team France partagent les mêmes passions de l’océan et de la performance : eux développent des innovations technologiques afin d’augmenter leurs performances sportives, Race for Water propose des innovations technologiques pour une plus grande préservation de nos océans.

« Depuis de nombreuses années, nous voyons nos océans se dégrader. Les marins qui vivent la mer au quotidien sont inquiets. Les scientifiques le sont aussi. Nous sommes depuis longtemps acquis à la cause et respectons cet environnement quand nous sommes en mer. Mais le travail doit être fait en amont lorsqu’on porte notre costume de terrien, notamment sur la gestion des déchets ou encore sur la manière de consommer autrement. La Fondation Race for Water a justement cette ambition de sensibiliser les populations le plus largement possible partout dans le monde. Notre objectif est d’aider l’équipe Race for Water sur place aux Bermudes, lors de la 1ere escale de leur Odyssée, à médiatiser cette cause, faire connaitre la problématique et surtout les solutions afin que les habitudes des gens changent. Ça devient urgent. Construire demain, c’est maintenant ! »

Bruno Dubois, Team Manager de Groupama Team France

 

J-3 AVANT LE DÉBUT DE LA COMPÉTITION

Dès le 26 mai, la compétition débutera avec les Louis Vuitton America’s Cup Qualifiers. Cinq Challengers et le Defender (gagnant de l’année précédente) s’affronteront deux fois chacun en duel, sur des régates de 20 minutes environ. Viennent ensuite les Playoffs puis la finale. A l’issue de cette dernière, le premier sera désigné Challenger, avec le droit d’affronter le Defender américain sur le Match final se tenant sur deux week-end (17-18 et 24-25 juin).

Crédits vidéo : Groupama Team France

Un kite : deux révolutions

 

Le Race for Water utilise deux sources d’énergies, le soleil et le vent. A bord, pas de traditionnelle éolienne mais une voile de kite (cerf-volant dirigeable) tractant le navire. Au cœur de ce choix deux innovations : un mouvement décuplant la puissance et une automatisation intelligente.

 

Présenter un ensemble cohérent de sources d’énergies renouvelables, le solaire et l’éolien, pour démontrer la viabilité d’une transition énergétique est le défi du navire Race for Water. En apprenant la gestion de la mixité énergétique, en consommant uniquement ce qu’il produit, mais surtout en innovant. Sur le navire, l’énergie éolienne est captée grâce à un kite de la marque Skysails Yacht, sorte de cerf-volant dirigeable envoyé à 150 mètres d’altitude. Relié au Race for Water par un câble, il est en mesure de tracter intégralement le navire de 100 tonnes. Quelle différence par rapport à des voiles traditionnelles ? Un fonctionnement totalement indépendant de celui du bateau.

 

 

DES FORMES EN « 8 » DANS LE CIEL

L’aile de kite se déplace dans les airs en faisant des formes en « 8 » grâce à un Pod, boîtier intelligent situé en-dessous de l’aile. Ce tracé permet à la voile d’augmenter sa vitesse en créant du vent apparent, un vent qu’elle produit en se déplaçant. L’accélération du kite sur la descente du « 8 » crée une force de traction immense. A chaque cycle, cette force envoyée au câble peut être de 2 tonnes.

Le Pod

 

Sans ce mouvement, le kite serait simplement en vol au-dessus du navire, comme un drapeau. A ce jour, l’équipage du Race for Water a démontré qu’avec un kite de 40m2, 15 nœuds de vent venant de l’arrière suffisent à tracter entièrement le navire. A bord, des ailes de 20 à 40 m2 ont été embarquées et sont capables de tracter le navire avec des vents venant des 180 degrés arrière du navire.

De la réalité à la schématisation de la force de traction du « 8 »

 

AUTONOMIE ET INTELLIGENCE

Le Pod est doté d’une intelligence permettant la gestion sécurisée du vol. Lorsque le vent change de force ou de direction, la taille du « 8 » mais aussi la zone dans laquelle il évolue, appelée fenêtre, s’ajustent de manière autonome, grâce aux mesures instantanées des conditions de vent.

Mise en place du kite sur son mât de lancement

 

Différents capteurs mesurent les vents au niveau du navire et du kite avant de les transmettre, via wifi, à un ordinateur qui les analyse. Sur la base de ces données, l’ordinateur ordonne au Pod d’ajuster la taille du « 8 » et sa position par rapport au navire. « Une fois le kite en vol, la seule manipulation faite par les marins est la gestion de l’altitude du kite. Lorsqu’elle doit être changée, une alarme sonne », explique Edouard Kessi, développeur de l’aile.

De l’analyse des ordinateurs à l’extrapolation des données (tableau de Martin, ingénieur à bord)

 

Par vent très fort, la voile est positionnée par les marins quasiment à la verticale du navire et ne fait plus de « 8 ». « La difficulté avec un engin volant est que sa seule envie est de s’écraser », plaisante Edouard Kessi. Grâce au Pod intelligent et autonome le kite vole en toute sécurité. Reste maintenant à analyser les performances engendrées par cette technologie. « Depuis un mois nous testons les différentes voiles dans différentes conditions de vent. Sur le trajet Lorient – Bermudes, nous avons pu utiliser le kite 25% du temps (durant les journées). Ensuite nous analysons les données afin de voir les économies énergétiques et les gains de vitesses que nous permettent les ailes afin de prévoir des navigations plus autonomes et plus rapides en fonction des conditions » explique Martin, ingénieur à bord du navire. Des résultats prometteurs qui envisagent que le navire sera capable d’atteindre une vitesse de 10 nœuds avec un vent de 25 nœuds venant de l’arrière, sans utiliser les moteurs électriques.

 

Annabelle et Mafalda Freitas racontent Madère

Nous approchons des Bermudes, Madère est déjà loin ! Ces deux escales s’annoncent bien différentes. Aux Bermudes, pendant plus d’un mois nous ferons partie intégrante de l’America’s cup, le plus célèbre des événements liés à la voile dans le monde. Cet événement est planifié depuis plusieurs années, et en ce qui nous concerne le timing de l’escale, il est déjà calculé à l’heure près ! En mer, je me remémore Madère. C’était initialement une escale technique de quelques jours et l’occasion de débarquer une partie des membres de l’équipe. C’est rapidement devenu une véritable escale de cette Odyssée, grâce à la mobilisation des locaux. Les amarres n’étaient même pas finies d’être passées que déjà la télévision montait à bord pour interviewer Jean-Marc. Les journaux nous ont consacrés plusieurs articles. Le yacht club de Funchal s’est mobilisé pour nous accueillir, avec comme point d’orgue une invitation à déjeuner dans leur bâtiment, avec toutes les personnalités de l’île travaillant sur la préservation de la mer.

Accueil du Club Nautique de Funchal

 

Il faut également signaler la mise à disposition d’une voiture avec chauffeur pour notre avitaillement, un zodiac présent à notre arrivée et à notre départ, et des responsables du port qui passaient régulièrement voir si nous avions des besoins quelconques et qui se décarcassaient pour répondre au mieux à nos questions.
Enfin nous avons pu constater l’intérêt considérable que suscite notre bateau : la population est venue en nombre sur le ponton pour admirer le bateau mais également par la mer en Stand Up Paddle !

 


Marco Simeoni et les capitaines du Race for Water avec Antonio Cunha et un membre du Club Nautique de Funchal

Quant à l’équipage, bien que très actif pour profiter d’être à terre avec un bateau sans mouvement, nous avons pu profiter de la végétation luxuriante, des restaurants et, (mais de manière raisonnable tout de même) des bars locaux ! »
Annabelle

 

Mafalda Freitas, directrice de la station de biologie marine de Funchal et Présidente du Club Naval de Funchal raconte sa rencontre avec la Fondation Race for Water.

J’étais très heureuse de rencontrer le navire et l’équipage de l’Odyssée Race for Water. Il s’agit sans doute d’un projet novateur qui démontre du progrès. Mais cette Odyssée a aussi une ambition très importante qui est celle de contribuer à la protection de l’environnement marin. Ce bateau est sans doute une transition réelle et active vers un monde alimenté uniquement par des énergies propres. En montrant qu’une réduction des émissions de CO2 est viable d’un point de vue énergétique, mais aussi en réduisant l’impact environnemental d’une navigation bruyante et polluante. Et la technologique de ce bateau est très innovante ! Ce dernier démontre l’autonomie énergétique grâce à la mixité d’énergies renouvelables obtenues avec un kite et des panneaux solaires !

 

Mafalda Freitas avec Marco Simeoni et l’équipage Race for Water

Energie et pollution à Madère

Un navire qui pourrait inspirer une île telle que Madère ? A ce jour, le réseau électrique de notre île est ravitaillé par cinq types de sources énergétiques : l’hydraulique, l’éolien, le photovoltaïque, l’énergie résultant de l’incinération des résidus solides urbains et l’énergie thermique résultant de l’utilisation des produits fossiles, comme le fioul et le gas naturel.

Quant à la pollution maritime, il existe depuis 2015 la Stratégie de Combat de la Pollution de la Mer de la Region Autonome de Madeira (MaRaM), laquelle a une tolérance zéro face aux situations de pollutions illégales de la mer. Notre intention est de renforcer encore les actions pour combattre efficacement les situations de pollutions. Pour se faire il faut tenir compte des demandes et besoins des autorités, des institutions de la société civile et des citoyens.

Mafalda Freitas