Race for Water et Groupama Team France ensemble pour la Coupe de l’America

 

A 13h45, heure des Bermudes, le navire Race for Water accostera à la Marina de Caroline Bay, une arrivée couplée à leur inauguration. Le navire Ambassadeur y rejoint son partenaire environnement Groupama Team France, participant de la très célèbre Coupe de l’America. Entre compétition, réunions et sensibilisation, l’escale sera chargée en émotions. Rencontre l’équipe Française qui soutient l’Odyssée de l’Espoir.

Le voilier Groupama et un tweet de soutien

Crédit photo : Groupama Team France, Eloi Stichelbaut

A l’occasion de la 35ème Coupe de l’America, l’équipe française menée par Franck Cammas s’allie à Race for Water. Entre préservation des océans, performances sportives et hautes technologies, la Fondation est très fière de se trouver aux côtés de Groupama Team France.

 

DE LA PASSION DE L’OCÉAN AUX DÉFIS TECHNOLOGIQUES

En 2013, Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson créent Team France. Ensemble, ils ont décidé de développer l’excellence française dans ce qui se fait de mieux en matière de course et de technologie : la Coupe de l’America. La Fondation Race for Water et Groupama Team France partagent les mêmes passions de l’océan et de la performance : eux développent des innovations technologiques afin d’augmenter leurs performances sportives, Race for Water propose des innovations technologiques pour une plus grande préservation de nos océans.

« Depuis de nombreuses années, nous voyons nos océans se dégrader. Les marins qui vivent la mer au quotidien sont inquiets. Les scientifiques le sont aussi. Nous sommes depuis longtemps acquis à la cause et respectons cet environnement quand nous sommes en mer. Mais le travail doit être fait en amont lorsqu’on porte notre costume de terrien, notamment sur la gestion des déchets ou encore sur la manière de consommer autrement. La Fondation Race for Water a justement cette ambition de sensibiliser les populations le plus largement possible partout dans le monde. Notre objectif est d’aider l’équipe Race for Water sur place aux Bermudes, lors de la 1ere escale de leur Odyssée, à médiatiser cette cause, faire connaitre la problématique et surtout les solutions afin que les habitudes des gens changent. Ça devient urgent. Construire demain, c’est maintenant ! »

Bruno Dubois, Team Manager de Groupama Team France

 

J-3 AVANT LE DÉBUT DE LA COMPÉTITION

Dès le 26 mai, la compétition débutera avec les Louis Vuitton America’s Cup Qualifiers. Cinq Challengers et le Defender (gagnant de l’année précédente) s’affronteront deux fois chacun en duel, sur des régates de 20 minutes environ. Viennent ensuite les Playoffs puis la finale. A l’issue de cette dernière, le premier sera désigné Challenger, avec le droit d’affronter le Defender américain sur le Match final se tenant sur deux week-end (17-18 et 24-25 juin).

Crédits vidéo : Groupama Team France

Un kite : deux révolutions

 

Le Race for Water utilise deux sources d’énergies, le soleil et le vent. A bord, pas de traditionnelle éolienne mais une voile de kite (cerf-volant dirigeable) tractant le navire. Au cœur de ce choix deux innovations : un mouvement décuplant la puissance et une automatisation intelligente.

 

Présenter un ensemble cohérent de sources d’énergies renouvelables, le solaire et l’éolien, pour démontrer la viabilité d’une transition énergétique est le défi du navire Race for Water. En apprenant la gestion de la mixité énergétique, en consommant uniquement ce qu’il produit, mais surtout en innovant. Sur le navire, l’énergie éolienne est captée grâce à un kite de la marque Skysails Yacht, sorte de cerf-volant dirigeable envoyé à 150 mètres d’altitude. Relié au Race for Water par un câble, il est en mesure de tracter intégralement le navire de 100 tonnes. Quelle différence par rapport à des voiles traditionnelles ? Un fonctionnement totalement indépendant de celui du bateau.

 

 

DES FORMES EN « 8 » DANS LE CIEL

L’aile de kite se déplace dans les airs en faisant des formes en « 8 » grâce à un Pod, boîtier intelligent situé en-dessous de l’aile. Ce tracé permet à la voile d’augmenter sa vitesse en créant du vent apparent, un vent qu’elle produit en se déplaçant. L’accélération du kite sur la descente du « 8 » crée une force de traction immense. A chaque cycle, cette force envoyée au câble peut être de 2 tonnes.

Le Pod

 

Sans ce mouvement, le kite serait simplement en vol au-dessus du navire, comme un drapeau. A ce jour, l’équipage du Race for Water a démontré qu’avec un kite de 40m2, 15 nœuds de vent venant de l’arrière suffisent à tracter entièrement le navire. A bord, des ailes de 20 à 40 m2 ont été embarquées et sont capables de tracter le navire avec des vents venant des 180 degrés arrière du navire.

De la réalité à la schématisation de la force de traction du « 8 »

 

AUTONOMIE ET INTELLIGENCE

Le Pod est doté d’une intelligence permettant la gestion sécurisée du vol. Lorsque le vent change de force ou de direction, la taille du « 8 » mais aussi la zone dans laquelle il évolue, appelée fenêtre, s’ajustent de manière autonome, grâce aux mesures instantanées des conditions de vent.

Mise en place du kite sur son mât de lancement

 

Différents capteurs mesurent les vents au niveau du navire et du kite avant de les transmettre, via wifi, à un ordinateur qui les analyse. Sur la base de ces données, l’ordinateur ordonne au Pod d’ajuster la taille du « 8 » et sa position par rapport au navire. « Une fois le kite en vol, la seule manipulation faite par les marins est la gestion de l’altitude du kite. Lorsqu’elle doit être changée, une alarme sonne », explique Edouard Kessi, développeur de l’aile.

De l’analyse des ordinateurs à l’extrapolation des données (tableau de Martin, ingénieur à bord)

 

Par vent très fort, la voile est positionnée par les marins quasiment à la verticale du navire et ne fait plus de « 8 ». « La difficulté avec un engin volant est que sa seule envie est de s’écraser », plaisante Edouard Kessi. Grâce au Pod intelligent et autonome le kite vole en toute sécurité. Reste maintenant à analyser les performances engendrées par cette technologie. « Depuis un mois nous testons les différentes voiles dans différentes conditions de vent. Sur le trajet Lorient – Bermudes, nous avons pu utiliser le kite 25% du temps (durant les journées). Ensuite nous analysons les données afin de voir les économies énergétiques et les gains de vitesses que nous permettent les ailes afin de prévoir des navigations plus autonomes et plus rapides en fonction des conditions » explique Martin, ingénieur à bord du navire. Des résultats prometteurs qui envisagent que le navire sera capable d’atteindre une vitesse de 10 nœuds avec un vent de 25 nœuds venant de l’arrière, sans utiliser les moteurs électriques.

 

Annabelle et Mafalda Freitas racontent Madère

Nous approchons des Bermudes, Madère est déjà loin ! Ces deux escales s’annoncent bien différentes. Aux Bermudes, pendant plus d’un mois nous ferons partie intégrante de l’America’s cup, le plus célèbre des événements liés à la voile dans le monde. Cet événement est planifié depuis plusieurs années, et en ce qui nous concerne le timing de l’escale, il est déjà calculé à l’heure près ! En mer, je me remémore Madère. C’était initialement une escale technique de quelques jours et l’occasion de débarquer une partie des membres de l’équipe. C’est rapidement devenu une véritable escale de cette Odyssée, grâce à la mobilisation des locaux. Les amarres n’étaient même pas finies d’être passées que déjà la télévision montait à bord pour interviewer Jean-Marc. Les journaux nous ont consacrés plusieurs articles. Le yacht club de Funchal s’est mobilisé pour nous accueillir, avec comme point d’orgue une invitation à déjeuner dans leur bâtiment, avec toutes les personnalités de l’île travaillant sur la préservation de la mer.

Accueil du Club Nautique de Funchal

 

Il faut également signaler la mise à disposition d’une voiture avec chauffeur pour notre avitaillement, un zodiac présent à notre arrivée et à notre départ, et des responsables du port qui passaient régulièrement voir si nous avions des besoins quelconques et qui se décarcassaient pour répondre au mieux à nos questions.
Enfin nous avons pu constater l’intérêt considérable que suscite notre bateau : la population est venue en nombre sur le ponton pour admirer le bateau mais également par la mer en Stand Up Paddle !

 


Marco Simeoni et les capitaines du Race for Water avec Antonio Cunha et un membre du Club Nautique de Funchal

Quant à l’équipage, bien que très actif pour profiter d’être à terre avec un bateau sans mouvement, nous avons pu profiter de la végétation luxuriante, des restaurants et, (mais de manière raisonnable tout de même) des bars locaux ! »
Annabelle

 

Mafalda Freitas, directrice de la station de biologie marine de Funchal et Présidente du Club Naval de Funchal raconte sa rencontre avec la Fondation Race for Water.

J’étais très heureuse de rencontrer le navire et l’équipage de l’Odyssée Race for Water. Il s’agit sans doute d’un projet novateur qui démontre du progrès. Mais cette Odyssée a aussi une ambition très importante qui est celle de contribuer à la protection de l’environnement marin. Ce bateau est sans doute une transition réelle et active vers un monde alimenté uniquement par des énergies propres. En montrant qu’une réduction des émissions de CO2 est viable d’un point de vue énergétique, mais aussi en réduisant l’impact environnemental d’une navigation bruyante et polluante. Et la technologique de ce bateau est très innovante ! Ce dernier démontre l’autonomie énergétique grâce à la mixité d’énergies renouvelables obtenues avec un kite et des panneaux solaires !

 

Mafalda Freitas avec Marco Simeoni et l’équipage Race for Water

Energie et pollution à Madère

Un navire qui pourrait inspirer une île telle que Madère ? A ce jour, le réseau électrique de notre île est ravitaillé par cinq types de sources énergétiques : l’hydraulique, l’éolien, le photovoltaïque, l’énergie résultant de l’incinération des résidus solides urbains et l’énergie thermique résultant de l’utilisation des produits fossiles, comme le fioul et le gas naturel.

Quant à la pollution maritime, il existe depuis 2015 la Stratégie de Combat de la Pollution de la Mer de la Region Autonome de Madeira (MaRaM), laquelle a une tolérance zéro face aux situations de pollutions illégales de la mer. Notre intention est de renforcer encore les actions pour combattre efficacement les situations de pollutions. Pour se faire il faut tenir compte des demandes et besoins des autorités, des institutions de la société civile et des citoyens.

Mafalda Freitas

Au milieu de l’Atlantique, les ressentis de l’équipage

Actuellement au milieu de l’Atlantique et depuis plus de deux semaines en pleine mer : comment va l’équipage ?

 

Pour Olivier, intendant à bord du navire, la routine est en place :

« Tous les jours après un sacré bon petit-déjeuner, je potasse un peu, réfléchis, post-it, puis un petit tour dans mes soutes, endroit où la nourriture est stockée. Je commence toujours par le frais. Dans le noir plié en deux, à la lueur de ma frontale, j’inspecte fruits et légumes, les retourne, les nettoie avant de puis prélever la part journalière… Je prépare pour le chef les ingrédients pour les deux repas du jour.

Réserve de fruits et légumes du bord

Aujourd’hui c’est au tour de Martin, je lui colle même la recette et il joue le jeu. Une belle salade toute croquante et une poêlée à tomber ! Allez, 3 étoiles pour Martin ! »

Martin, chef cuisinier du jour et l’équipage autour de la table 

 

Déjà deux semaines de pleine mer, comment Anne, vis-tu ta première traversée de l’Atlantique ?

« Parfois je rêve de terre ! Ça doit me manquer un peu inconsciemment, en même temps il n’y a que du bleu autour de nous…. Cette traversée est une opportunité qui ne se représentera pas de sitôt, alors autant essayer d’en profiter au maximum ce que je fais !

Une mer aux reflets d’argent

Et puis il y a la notion du temps qui semble changée. Déjà deux semaines que nous avons quitté Funchal sur l’île de Madère direction les Bermudes et j’ai l’impression que ça fait bien plus… Traverser l’Atlantique avec ce navire est assez long, mais je savais que ça allait prendre du temps avant de partir. Pourtant, je me rends compte que c’est seulement une fois lancé dans cette navigation que l’on se rend vraiment compte de ce temps.

Annelore me raconte qu’elle avait eu la même impression lorsqu’elle a voyagé en Australie. Lorsqu’on le regarde sur une carte, c’est vrai que l’on remarque que l’océan est vraiment grand, mais en fait, on s’en rend vraiment compte que lorsqu’on commence à faire des kilomètres à des petites vitesses.

Pascal, capitaine du navire et Martin, ingénieur à la lueur de la nuit

 

Et puis, il y a cette impression de solitude. Nous avons croisé peut-être 4-5 navire depuis le départ de Funchal, je m’attendais à en voir plus ! Heureusement, on a de temps en temps des dauphins qui viennent se caler aux étraves des flotteurs et nous tiennent compagnie pendant quelques temps, ou encore des poissons volants qui viennent « atterrir » sur les panneaux solaires… sans forcément redécoller ensuite hélas.

Gros plan sur les panneaux photovoltaïques

Quant à la vie à bord, elle est assez similaire à celle que nous avons eu à terre lors de la préparation du navire, en ralenti peut-être. Sur une liste, nous avons chacun nos petits travaux à faire pendant la transat, ainsi que des tâches ménagères. On a mis en place un tableau avec un système de rotation afin que chacun participe à la vie en communauté. L’ambiance est bonne à bord, c’est motivant.

Pour ma part, je travaille souvent avec Olivier sur l’aménagement, comment optimiser l’espace : préparer des étagères pour que l’on puisse ranger nos voiles de kite et les pod, ranger le laboratoire afin que les scientifiques puissent profiter pleinement de l’espace qu’on a à leur proposer… et diverses autres tâches. »

Coucher de soleil en mer

Poisson pêché – résultat : du plastique dans son estomac

Voilà déjà presque un mois que le navire a quitté Lorient. Comme sa vitesse moyenne est de 7-8 km/h, il est une plateforme idéale pour la pêche. L’équipage a installé deux systèmes de lignes avec des hameçons que nous trainons derrière le bateau. Etant un navire technologique, nous avons même fabriqué un système d’alarme qui se déclenche si la ligne se tend ! Par contre, après plus de 20 jours de navigation pas le moindre animal au bout des hameçons. On commence à se demander si notre océan Atlantique contient encore des poissons ou si c’est nos appâts qui ne sont vraiment pas efficaces ?

UNE DORADE GAVÉE DE PLASTIQUE

Puis soudain hier, vendredi 5 mai, voilà que la ligne bâbord se met à bouger. Pascal, notre capitaine, ramène l’hameçon et au bout une Dorade Coryphène appelé aussi « Mahi Mahi ». Notre premier poisson depuis notre départ de Lorient !   Pascal qui sait parfaitement bien comment découper le Mahi Mahi (il a vécu de nombreuses années en Polynésie française) se met au travail. Et là surprise, un morceau de plastique dans l’estomac de notre poisson ! Nous sommes au milieu de l’océan Atlantique et le 1er poisson que l’on pêche après plus de 20 jours contient du plastique !

 Pascal, capitaine du navire tenant la Dorade Coryphène

Lors de notre courte halte à Madère, nous avons rencontré un biologiste qui nous a témoigné que plus de 50% des poissons « sabre » que les pécheurs attrapent à env. 800 mètres de profondeur ont du plastique dans l’estomac !  Je n’avais plus été sur le terrain depuis notre expédition de 2015 mais d’un coup tous mes souvenirs de tous ces pécheurs qui nous avaient témoignés leurs désarrois face à ce terrible fléau me reviennent en mémoire.

Morceau de plastique : sorte de paille blanche de 8cm de long. L’équipage l’a conservé afin de le transmettre aux équipes scientifiques.

En parallèle de cette situation, une partie des équipes de la fondation restés à terre cherchent désespérément des partenaires financiers afin de pouvoir poursuivre nos programmes. Comme cette pollution des océans par les plastiques est un sujet très sensible, beaucoup d’industriels préfèrent l’ignorer.

DU SOUTIEN POUR L’ESPOIR

Je pense que ce « Mahi Mahi » pêché ce vendredi est un message fort qui me confirme que la fondation Race for Water doit bien garder son cap et poursuivre sa lutte, trouver des solutions et donner de l’espoir à nos enfants.

Par contre, seul nous allons nous épuiser, nous avons besoin de soutiens financiers importants et de vos réseaux pour poursuivre notre mission. Merci de faire suivre ce message comme une bouteille à la mer !

Marco, président de Race for Water

 

Les couleurs du lever de soleil

 

Le quart de 6h à 8h est peut-être l’un des plus agréables. Généralement on a passé une bonne nuit de sommeil, tout est paisible car tous dorment bien profondément. Du coup on peut profiter pleinement du silence offert par la mer ainsi que de la beauté du ciel.

Il est d’ailleurs magnifique le ciel ce soir, bien dégagé, pleins d’étoiles (quelques filantes), des planètes (vénus est immense), et des satellites. Je me suis calée sur un fatboy, avec un peu de musique en arrière-plan. Le groupe « Fakear » en lecture aléatoire. Par hasard, la première chanson qui se met en route est « la danse des étoiles » ! Que demander de plus… excellent timing.

A 6h35, j’observe la nuit qui se transforme petit à petit en bleu marine. L’orange, le rouge, le jaune sombre migrent petit à petit aux pâles, le soleil ne va pas tarder à se pointer à l’horizon. Vénus est toujours là.

 

Bien évidemment je surveille le cap, s’il y a d’autres navires en vue, ( le dernier que nous avons croisé c’était il y a 5 jours) ou des objets flottants non identifiés (OFNI). Il faut quand même rester attentif.

A peine une heure plus tard ça y’est, la nuit est entièrement partie et tout autour de moi j’ai du rose, du bleu, orange, jaune. Des tons pâles avec quelques nuages et toujours pas de soleil, mais il ne devrait pas tarder. Ça commence à devenir plus vif à l’Est. C’est splendide ce changement de couleur, je m’en prends plein les yeux à chaque fois, je ne m’en lasse pas. Chaque lever est unique.

A 8h, Pascal vient prendre la relève pour la veille et tout le monde va commencer à se lever au compte-goutte… Une nouvelle journée commence.

Anne

24h dans une dépression

 

Martin nous avait prévenu du passage d’une dépression qui venait du nord-est et que nous allions devoir l’affronter. Le gros de la dépression est passée devant nous, on a pu rester dans son sud et évoluer dans les limites convenables des conditions de navigation du bateau.

Mais bon, dans les moments de gros vent et forte mer, on avait 30/35 noeuds de vent avec des rafales à 40 noeuds et des vagues allant de 4 à 5m… Heureusement, on avait eu le temps de se préparer et de s’adapter. C’était la première fois que tous, nous rencontrions ce genre de conditions alors nous observions consciencieusement les comportements du navire, nous étions concentré.

Quand le vent a forcit, nous avons du rentrer complètement les ailes solaires, pour qu’ils ne percutent pas les vagues qui étaient déjà bien formées. Dans la gîte, l’île a parfois été à deux doigts de toucher l’eau.

Pour la manoeuvre consistant à rentrer les ailes, on est obligé de sortir sur le pont et marcher sur les panneaux, il faut faire très attention. Avec la gîte et l’eau de pluie, les panneaux deviennent très glissant, il faut être agile. C’est Martin qui est sorti sur le pont pour manoeuvrer, assuré dans ses déplacements par un bout pris à son harnais, en 30 minutes le travail était fait.

Martin manoeuvre en pleine tempête

À l’intérieur aussi il a fallu tout organiser. Ranger tables et chaises, arrimer les objets comme les ordinateurs, la caméra, l’appareil photo… Tout a sa place à bord pour affronter ces conditions, il n’y a pas eu trop de chute. Un frigo qui s’est ouvert, une cafetière dans la cambuse a chuté, une caisse de carotte dans les soutes et un panneau solaire de spare s’est cassé, rien de grave.

Concernant la navigation, on était au portant et sur notre route, Pascal nous a trouvé un bon compromis, panneaux solaires arrières relevés pour prendre le vent plein cul et avoir le maximum de vitesse. La barre en manuel pour éviter les décrochages du pilote et se retrouver travers à la vague. On a eu une aulofée sous pilote dans une rafale à 40 noeuds sanctionnée par une  » petite » vague de travers.  Ca a claqué très fort sur la coque, avec en prime un bon coup de gîte.

Barrer Race For Water avec la petite barre à roue est un bon exercice de concentration. La barre est dure, le bateau fait 100 tonnes. Il nécessite beaucoup d’anticipation quand à sa trajectoire, avec de gros contre-braquages nécessaires quand on se fait embarquer par la vague. On barre par petite session d’ 1/4 d’ heure/20 minutes et on tape les records ….plus de 10 nœuds sur la vague.

Les grains de pluie et de vent – Annabelle au pilote

 

Dans le gros temps les petits problèmes s’enchaînent toujours plus vite. Le zodiac qui bouge ou dans le genre une sonde d’angle de barre qui se met à disjoncter, un rail de panneau qui coince…

Mais ça y est, c’est passé! La houle ce matin était encore un peu forte et s’est calmée peu à peu, le vent idem.

APRES LA PLUIE , LE BEAU TEMPS

Olivier

 

Photos d’Olivier

 

Une douche de pluie

 

Il est actuellement 4h du mat et je suis de quart en solo. Et oui maintenant qu’une partie de l’équipage est descendue à Madère on fait des quarts tout seul comme des grands ! Une première pour moi qui suis apprentie marin.

Alors durant mon quart, je réfléchis à ce qu’on a vécu jusqu’à aujourd’hui et je souris intérieurement en repensant à cette matinée pluvieuse sur l’île de Madère.

Arrivée à Madère sous les nuages

Vers 5h du matin, alors que la pluie tombait à flot, de l’eau à commencer à entrer dans le bateau ! Alors que je dormais tranquillement, Martin est venu nous réveiller, je sors du lit rapidos, arrive dans le salon et là je vois, au niveau des baies vitrées, une cascade d’eau !! Les gars étaient déjà en train de mettre des seaux, des serviettes, des serpillières, enfin n’importe quel objet capable d’éponger… cette douche de pluie !

Avec Martin on a confectionné une bâche avec des sacs poubelles et du Scotch orange (le top du top niveau Scotch ; -)) et ça a permis de faire sortir l’eau à l’extérieur dans la marina. Le grain n’a pas duré longtemps mais c’était intense et on était tous bien trempé après. Petit tour du navire pour voir s’il y avait d’autres fuites, tout va bien ! Sacrée matinée. On est tous parti se recoucher après sauf Olivier, vu que c’était son quart.

Anne

 

Une canne à pêche hi-tech

 

Qu’on se le dise, Race for Water est un bateau hi-tech avec de nombreuses installations à la pointe de ce qui se fait de mieux. Et pour développer cette technologie, il y a à bord de nombreux ingénieurs, investis et passionnés dans leur travail. Alors les idées fusent et se mettent en place rapidement.

FISH ALARM

L’une des dernières évolutions installées sur la navire, est la désormais célèbre « fish alarm » . Étant sur un bateau, il est bien normal d’avoir une ligne de pêche à la traîne du navire. Bon… Mais rester la partie un peu moins marrante : surveiller la ligne en cas d’une touche. Une mission qui attire peu les volontaires. Qu’à cela ne tienne, la « fish alarm » est inventée, au moyen d’un fil qui sera interrompu si un poisson tire sur la ligne, une alarme va se déclencher en passerelle.
Oui mais voilà, après quelques jours de traîne, on ne peut pas dire que ça morde beaucoup ! Dommage pour les yeux qui s’illuminent désormais à la moindre alarme, puis s’éteignent quand la personne de quart crie « it’s not fish alarm !»

Annabelle