Ile de Robinson Crusoé  : Témoignage post escale

Parti le 31 juillet dernier de Talcahuano, premier port militaire, industriel et de pêche du Chili, après un mois d’escale, Race for Water a entamé sa Trans-Pacifique. Le premier ralliement de cette traversée l’a conduit à s’amarrer sur une île mythique : celle de Robinson Crusoe située à 700 kilomètres des côtes chiliennes dans l’archipel de Juan Fernandez.
Dix jours d’escale ont marqué l’équipage du bateau ambassadeur de la Fondation Race for Water. Bilan.

« Isolée, la petite communauté de 800 habitants vit à flanc de montagne sur une île qu’on imagine très bien comme décor d’un film sur les dinosaures », témoigne Annabelle Boudinot, second capitaine du navire avant de poursuivre : « La nature ici, est belle et unique. Avec des espèces de plantes spécifiques à l’île, grandes et luxuriantes. D’ailleurs le parc national qui englobe la forêt native est reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils ont également développé des aires marines protégés, dont bénéficient les otaries qui ont re-colonisé les plages du sud de l’île. Notamment l’espèce locale : l’otarie à deux fourrures qui est passée de quasi-extinction, 40 spécimens dans les années 60, à plusieurs milliers aujourd’hui. Démontrant aux locaux l’importance et l’efficacité de mesures destinées à la protection de l’environnement.  »

Sur cette 9ème escale de la Race for Water Odyssée, 110 personnes ont été accueillies à bord, dont 72 scolaires sur les 147 que compte le collège insulaire.  Ce groupe d’étudiants est en charge d’apprendre comment préserver les océans et de sensibiliser les autres élèves. Il s’agit du projet sentinelle des Océans. Une vidéo lors de son passage à bord a été réalisée pour pouvoir partager la visite du bateau avec l’ensemble des habitants de l’île.

 

Visite et nettoyage des plages du sud dimanche 5 août

Annabelle : « Accompagnés de Felipe Paredes, correspondant pour National Géographique sur l’île, nous sommes allés visiter les plages du sud de l’île qui sont les plus affectées par les déchets flottants étant donné la configuration des courants marins. Nous avons visité la plage Arenal et la plage de la baie del Padre. Nous y avons ramassé plusieurs kilos de déchets, notamment des restes de filets de pêche.
Nous avons également pu constater que les otaries aiment jouer avec ses déchets qui peuvent malheureusement les blesser. Il arrive que des morceaux de filets se coincent autour de leur cou ; et lorsqu’elles grandissent, ces otaries meurent étranglées.
Nous avons pu secourir l’une d’entre elle, grâce à Felipe qui a réussi à isoler l’otarie, la maintenir et enlever la corde qui l’étranglait. »
 
 

Gestion des déchets :

Le principe sur l’île jusqu’à présent était l’enfouissement des déchets avec tout de même une tentative de tri de l’aluminium, du plastique et du verre. Durant les dernières années, plusieurs initiatives ont été mises en place : distribution de composteurs aux foyers de l’île, installation de « points propres » proposant des poubelles de tri. Malheureusement depuis plusieurs mois, les déchets triés (aluminium, plastique, verre, cartons) ne sont plus ramenés sur le continent. Ils sont accumulés sur l’île en espérant que la situation se débloque. En outre, un travail de sensibilisation reste à faire puisqu’à ce jour, 90% des foyers ne trient pas leurs poubelles.

Annabelle : « Aujourd’hui, la déforestation du terrain dans le but d’enfouir les déchets est trop importante entraînant des glissements de terrain, qui révèle les ordures enfouies. La commune tente de replanter pour fixer à nouveau le terrain, mais cela prend du temps… A la déchetterie nous avons pu constater des déchets qui brûlent continuellement à ciel ouvert. La présence de déchets organiques et recyclables prouvent que le tri et le compost est loin d’être dans les habitudes locales. Et les bacs contenant le verre s’accumulent sans solutions ».

L’île génère 325 tonnes de déchets par an : 20% sont recyclables et 15% sont des plastiques. Lors de la venue de Race for Water, il a été facile de réunir autour de la table les différents acteurs et d’échanger sur des données chiffrées qui ont permis tant à Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water, qu’à Olivier Lepez de la société partenaire ETIA, de réaliser une pré-étude pour voir si l’implantation de la machine de pyrolyse à haute-température conçue pour transformer les déchets plastiques en électricité, serait opportune. Il en ressort que, sur 15 ans, la machine permettrait de maintenir le coût de l’électricité actuel, tout en traitant l’intégralité des déchets plastiques solides de l’île. Le fonctionnement de la machine permettrait de générer 5% des besoins électriques de l’île. A suivre…

Les différentes institutions de l’ile ont également profité de la présence de Race for Water pour échanger et partager leur problématique liée au tourisme. Si actuellement, 1200 touristes profitent de l’île chaque année, les locaux souhaiteraient en augmenter un peu le volume, mais surtout développer un tourisme sélectif et durable. Quelques idées ont été évoquées dans ce sens comme la mise en place d’une taxe déchets permettant de traiter les déchets générés par le tourisme, ou encore d’une consigne sur les emballages recyclables pour qu’ils soient rapportés aux commerçants, et enfin la mise à disposition de fontaine d’eau associée à la vente de gourdes réutilisables.

Force est de constater, à l’heure de quitter cette terre isolée, que la volonté d’évoluer et d’apprendre est omniprésente. Notre visite a apporté beaucoup d’espoirs ; à nous tous de les aider à les concrétiser et à faire bouger les lignes.

Race for Water a largué les amarres et poursuit sa route sur le Pacifique.

Direction l’île de Pâques pour l’équipage mené par Pascal Morizot et composé également d’Annabelle Boudinot, second Capitaine, Anne Le Chantoux, matelot, Margaux Chalas, en charge de l’intendance et de Martin Gavériaux, l’ingénieur du bord.

Pascal Morizot :  » La route que nous envisageons n’est pas la plus courte (orthodromie), mais une route un peu plus nord pour passer au-dessus des dépressions, et avoir les conditions les plus adaptées pour Race for Water. L’ensoleillement s’améliorera au fil de notre convoyage, mais nous veillerons à la consommation, en essayant d’être les plus efficaces et rapides, pour tenir l’ETA estimée au 31/08 à l’île de Pâques.
Nous devons faire un petit stop sur l’ilot de Salas y Gomes qui se trouve à 200 milles nautiques de l’arrivée, pour Diego Valverde Labarca, le scientifique qui nous accompagne ; il doit y faire un recensement des frégates. »

« Le privilège de voguer à nouveau sur ce bateau solaire »

Raphaël Domjan, écoaventurier suisse, est depuis son enfance passionné d’aventure et d’exploration. Aujourd’hui, Raphaël est un écoaventurier et conférencier qui s’engage, au travers de sa fondation SolarPlanet, pour la protection de notre planète, de notre biodiversité, de notre atmosphère et de notre environnement en Suisse et dans le monde.

En 2004, Raphaël imagine réaliser le premier tour du monde en bateau solaire.  En février 2008, le financement du bateau est assuré, grâce au soutien d’un homme Immo Stroeher, passionné d’énergie solaire. Entre septembre 2010 et mai 2012, PlanetSolar, rebaptisé aujourd’hui Race for Water, et ses 5 membres d’équipage a réalisé le premier tour du monde à l’énergie solaire de l’histoire. Il a parcouru 60’000 km à travers tous les océans et ceci uniquement propulsé grâce à l’énergie de notre étoile, le soleil.

Raphaël Domjan qui était à bord de Race for Water pour le ralliement entre Concepcion et ile de Robinson nous livre ses impressions :

« Cela fait 3 jours désormais que Race for Water est au mouillage dans la baie de l’Ile de Robinson Crusoe, dans l’archipel « Juan Fernandez. Protégés des vents et de la houle du Pacifique sud qui ont tant secoué le bateau solaire durant la traversée depuis Concepción, je découvre cette île qui m’a fait tant rêver. Je n’osais d’ailleurs espérer un jour avoir la chance d’y accoster ! Aborder ainsi cet îlot mythique secrètement perdu en plein océan Pacifique avec le bateau, ex-PlanetSolar, qui m’a permis entre 2010 et 2012 d’accomplir le premier tour du monde à l’énergie solaire est un privilège auquel je n’ose encore croire ! Merci à Marco Simeoni et à l’équipage de Race for Water de me permettre de vivre à leurs côtés ces instants uniques et une part de leur fabuleuse aventure. Leurs valeurs et leurs engagements pour la préservation des océans sont précieux et forcent l’admiration. Savoir que ce bateau que j’affectionne tant sert désormais leur cause me réjouit beaucoup, tant l’engagement que je mène au quotidien pour la promotion des énergies renouvelables est complémentaire à leur lutte contre les déchets plastiques, dans une vision commune de préservation de notre environnement.

Je retrouve à bord l’ambiance que j’ai vécue durant mes 2 ans de tours du monde, ainsi que l’accueil fabuleux des gens lorsque le bateau fait escale. Aux formes étranges, ce bateau solaire a des airs de vaisseau spatial et ne manque pas de susciter l’étonnement partout où il jette l’ancre. Et l’Ile de Robinson est une bien belle planète sur laquelle atterrir !

Cet îlot entouré de falaise réjouit l’amoureux des sommets que je suis. Chacun de ces pics élevés vers le ciel, souvent dissimulés dans les nuages de l’hiver austral, invite à l’ascension. En dessous, une partie de l’île est érodée, à cause des chèvres importées des siècles auparavant et qui décimèrent une partie de la végétation… Mais autour de la baie de San Juan Bautista, seul village de l’île, la végétation est luxuriante. Les espèces endémiques de l’île semblent tout droit nous venir d’une autre ère géologique et des temps ancestraux… Et cela ne m’étonnerait pas vraiment de voir un dinosaure débarquer d’entre les feuilles gigantesques des plantes étonnantes qui peuplent l’île !

L’île est très peu touristique, comme épargnée par la marche du temps. Malheureusement, l’électricité est ici exclusivement produite par une génératrice… Les habitants de l’île sont ainsi entièrement dépendants, pour leur énergie, du fuel qu’ils doivent importer du continent. Le vent et le soleil seraient pourtant une énergie gratuite, disponible en quantité, et permettrait leur autonomie énergétique. Souvent, le problème est d’investir initialement les coûts des installations solaires qui seraient la clef de l’autonomie et de la durabilité énergétique. Je rêve que ce genre d’îles devienne des exemples à petite échelle de ce que nous devrions, à l’échelle de la planète, mettre en place pour atteindre un mode de vie durable…

Dans quelques jours, je quitterai l’Ile de Robinson Crusoe et Race for Water à bord d’un petit avion. Je laisserai ce bateau et son équipage poursuivre leur mission. Mais je garderai toujours en souvenir l’odeur des embruns du Pacifique sud goûté à bord de ce bateau silencieux, porteur d’espoir et de solutions partout où il vogue. »

En direct sur Radio Colibri !

Annabelle Boudinot, second Capitaine, et Marco Simeoni, Président de la Fondation, ont été conviés par les journalistes de la radio locale de l’île de Robinson à témoigner sur l’état des plastiques dans les Océans et à présenter les missions de la Fondation Race for Water. Annabelle partage avec nous ce moment.

Rendez-vous sur la place centrale, un pick-up arrive et nous hèle. Nous attaquons la montée : « Depuis le tsunami les gens vivent sur les hauteurs, seuls les commerces peuvent s’établir en bas » nous explique le chauffeur.

En effet en 2010, une vague dévastatrice de 12 mètres a surpris les habitants pendant leur sommeil… Depuis les autorités ont pris des mesures, et les gens habitent dans les hauteurs ; seuls les commerces demeurent en bas. Une piste rocailleuse-boueuse nous conduit vers la radio, le moteur rugit lors de certains redémarrages en côte. Secoués comme des pruneaux, nous passons rapidement en mode 4×4.

Nous arrivons devant une petite maison surplombée d’une grosse antenne. La vue sur la baie est magnifique, l’océan oscille entre le bleu profond et le bleu vert, la terre tire sur l’ocre que les résineux teintent de vert. Des fleurs rouges-oranges ajoutent quelques touches de couleurs vives. La végétation de l’île me rappelle celle de Madère, vivace et à tendance méditerranéenne.

La maison est habitée uniquement l’été, une cuisine toute simple, un petit salon avec une vue à couper le souffle. Des décorations faites de bulles de verre soufflé. Le journaliste local nous explique : « Elles arrivent sur nos plages mais nous ne savons pas d’où cela vient ! » Il me semble que ce sont des flotteurs de filet de pêche ; qui sait, en remontant le Pacifique nous en découvrirons peut-être la provenance !

Nous entrons dans « le studio » une table, deux chaises, un ordinateur qui diffuse de la musique sur les ondes, et une table de mixage rudimentaire.

« Cette station a été aménagée par un radio amateur de passage sur l’île, il nous a laissé le matériel pour que nous puissions faire cette radio, évidemment la seule de l’île ! Nous diffusons de la musique, le vendredi ; un programme d’une heure dont le thème est libre, en l’occurrence ce sera Race For Water cette semaine. Deux fois par semaine des nouvelles de l’île sont données ! Si des gens ont envies de faire savoir quelque chose, ils sont libres de le faire. »

Nous sommes rejoints par deux femmes, en charge également de l’interview et de l’émission ; tout ce petit monde est amateur bien sûr. L’enthousiasme et le plaisir sont grands ! Une heure d’émission en direct, notre venue est appréciée !

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons sur le site de la déchetterie… Et là, nous entrevoyons une autre réalité… La suite au prochain épisode !

L’île mythique en vue

Annabelle Boudinot, Second capitaine : « Après 3 jours et demi de mer nous voilà en vue de l’île de Robinson Crusoé – Juan Fernandez.

 
3h00 du matin, heure du Chili, je prends mon quart, Martin quitte le sien. On distingue l’île, une masse sombre. On ne voit pas de phare ; il y en a un, mais la portée est toute petite. A quoi sert de mettre un phare s’il n’y a pas de bateau qui passe ?
 
Accrochés à ce caillou, 500 âmes, combien voient-elle de bateau par an ? Il doit y avoir un cargo de ravitaillement, mais des visiteurs comme nous ?
 
En tout cas aucun doute, nous sommes le premier bateau solaire à arriver là !
 
Seule à la passerelle, au cœur de la nuit, même si mes paupières sont lourdes, je mesure ma chance d’aller rencontrer ces personnes, qui vivent isolées sur cette île qui culmine tout de même à 1900m de haut.
 
Vierge pendant de nombreuses années, elle fût découverte par Juan Fernandez, un espagnol commandant un galion pour la couronne d’Espagne qui, à l’époque, s’enrichissait de l’or d’Amérique du sud. Les espagnols s’y arrêtent, se ravitaillent en eau douce et s’approvisionnent à outrance en bois. Le terrain n’étant plus fixé par la végétation, s’en suit des coulées de boue. Les espagnols y installent également des chèvres qui finissent de raser la végétation. Plus tard, les flibustiers, au service de la couronne d’Angleterre, la redécouvrent, et y voient également un arrêt et une cachette stratégique.
 
Alexandre Selkirk, un écossais y est un jour abandonné. Inquiet des tarets (vers de bois) présents sur le bateau, il est débarqué par l’équipage sur l’île. La suite lui donnera raison puisque le bateau anglais coulera plus tard pour cette raison.
 
Alexandre pense qu’un bateau anglais passera dans les prochains mois. Il attendra en réalité 4 ans et 4 mois, organisant seul sa survie et lisant la bible pour ne pas perdre l’usage du langage. Revenu à Londres, il rencontrera Daniel Defoe à qui il inspirera le récit de Robinson Crusoé.
 
Les lumières du village se précisent devant moi, il est temps de réveiller Anne, je vais retourner dans mon lit, prendre des forces pour cette journée exceptionnelle qui nous attend dans quelques heures… »
En approche de l’île de Robinson
Race for Water est en approche de l’archipel de Juan Fernandez et de l’île de Robinson, qu’il devrait atteindre dans les prochaines heures.

Anne le Chantoux, matelot du bord : « C’est deux derniers jours, nous avons eu du vent moyen de 25 à 30 noeuds, avec une mer assez agitée.

Des conditions trop dangereuses pour mettre à l’eau le filet Manta mais Diego, le scientifique chilien qui nous accompagne jusqu’à l’ile de Pâques, a tout de même pu effectuer son observation des oiseaux. Il reste environ 8h en passerelle à épier l’océan à la recherche d’oiseaux marins.

La mer est en train de se calmer petit à petit. Notre vitesse moyenne pendant ce convoyage aura tout de même été de 5 noeuds, fort agréable comparé au 2 noeuds entre Lima et Valparaiso. 

Aujourd’hui, au coucher de soleil, nous avons eu la compagnie de baleines. Elles étaient juste à côté de nous pendant une quizaine de minutes, à nager près de Race for Water… joli spectacle ! »

Vous avez dit Pacifique ?

Race for Water fait route depuis hier vers l’île de Robinson située dans l’archipel de Juan Fernandez, accompagné par un vent de sud et une houle de quelques mètres…

Annabelle Boudinot, second capitaine : « Nous avons largué les amarres hier, il fait froid, les bonnets sont de rigueur. Nous sommes partis dans des conditions calmes, avec un joli couché de soleil en sortie de baie. Dans la nuit, le vent s’est levé et ça a pas mal bougé! Difficile de dormir dans ces conditions qui nous ont « cueilli » de nuit. Au matin les têtes étaient fatiguées et nos passagers restent au fond de leurs couchettes !

Quelques courageux sortent et profitent avec nous des Pétrels, Albatros, Damiers du cap qui dansent autour de nous. En partant de Lorient, j’étais loin de me douter que je verrai ce genre d’oiseau à bord de Race For Water. Je ne boude pas mon plaisir ; j’aime la mer dans toutes les conditions, et elle est en général encore plus belle quand c’est un peu musclé ! »

Quand l’hiver austral montre les dents !

Nouvelles de Race for Water,  en escale technique à Concepcion jusqu’au 30 juillet ! Anne-Laure, Second Capitaine, a pris sa plume pour nous écrire ces quelques lignes avant de quitter le bord, laissant sa place à Annabelle.

« Alors que nous étions amarrés à la base militaire de Talcahuano un vent de Nord-Est s’est levé, allant jusqu’à 20 nœuds dans les rafales. Pas grand-chose me direz-vous. Mais ce fut largement suffisant pour mettre le bateau dans une position inconfortable. Ce secteur fait que le  vent est accostant, il pousse contre le quai, et le clapot qui l’accompagne fait raguer la coque.
Aux premières heures du jour nous prenons les derniers fichiers météos, une dépression bien creuse est prévue pour la semaine suivante et le secteur de vent est identique. Rapidement nous nous mettons en lien avec l’équipe terrestre pour prendre une décision. Le bateau ne peut rester à cet emplacement, nous devons donc trouver une solution de repli le plus rapidement possible. Nos contacts locaux rentrent en jeu et font de leur mieux pour nous trouver une place à l’abri. Ce sera le chantier naval qui nous accueillera le surlendemain. Nous n’avions qu’un mince créneau météo pour déplacer le bateau sans trop de difficultés et avec un équipage réduit.
A présent nous sommes amarrés, bien à l’abri du vent de Nord Est et de son clapot. Nous avons vécu trois jours très intenses et nous sommes soulagés que le bateau soit en sécurité pour les semaines à venir.
Dans quelques heures, je passe la main à mon homologue et retourne sur mon île, l’esprit tranquille. »

ACT REPUBLIQUE DOMINICAINE : Projet en cours de développement dans le quartier de DOMINGO SAVIO particulièrement impacté par la problématique des déchets plastiques

Alors que le bateau Ambassadeur de la Fondation est en escale technique au Chili (Concepcíon), les équipes de terre poursuivent les actions initiées lors du stop-over en République Dominicaine en août 2017, puis à leur visite de janvier dernier : promouvoir et implémenter des solutions technologiques durables afin de faire face à la pollution plastique ! Une solution proposée par la Fondation étant de transformer les déchets plastiques en énergie grâce à une pyrolyse à haute température, conférent de ce fait une valeur à des déchets qui n’en ont pas et incitant leur collecte. Une technologie qui aura des bénéfices sociaux, environnementaux et économiques durables.

« Agissons pour Domingo Savio »

Depuis l’escale d’août 2017, Marco Simeoni, Président de la Fondation et Camille Rollin, responsable du projet « Plastic Waste To Energy » en sont à leur deuxième passage en République Dominicaine et travaillent en collaboration étroite avec l’ONG dominicaine Héroes del Medio Ambiente qui œuvre depuis 12 ans à la problématique de la gestion des déchets.

Leur objectif commun est d’installer une technologie permettant de transformer les plastiques en énergie au cœur même du quartier de DOMINGO SAVIO particulièrement impacté par la problématique des déchets plastiques, ce qui permettrait de traiter une grande partie des pastiques directement sur place.

Camille Rollin : « Transformer les déchets plastiques en électricité grâce à une unité de pyrolyse à haute température de taille moyenne adaptée au volume de déchets générés dans le quartier, permettrait de créer des emplois locaux pour la collecte tout en éduquant la population à préserver l’environnement. Réduire les défis qu’impliquent le transport, la logistique, et les trop nombreux intermédiaires, en agissant au plus proche du gisement de déchet est également un gage d’efficacité proposé par ce modèle de gestion ».

Première réunion de coordination

Conscients que les solutions doivent être implémentées conjointement, la Fondation Race for Water et Heroes del Medio Ambiente, ont rassemblé le 21 juin 2018 pour une première réunion de coordination les acteurs clés de ce projet en cours de développement, acteurs qui permettront de faire de Domingo Savio un exemple dans la gestion de ses déchets plastiques.

Ainsi des membres du Ministère de l’Environnement, de la Municipalité de Saint Domingue, de la Mancomunidad du grand Saint Domingue, de la CDEEE (Distributeur d’électricité), d’URBE (projet présidentiel de réhabilitation du quartier de Domingo Savio), de la Fondation Tropigas et des représentants de la communauté locale se sont engagés à tout mettre en œuvre pour faire de ce projet un succès.

Marco Simeoni : « Il y a urgence et nous sommes heureux de pouvoir compter sur la volonté de chacun des participants de répondre à une problématique locale qui est le reflet d’un défi aujourd’hui mondial »